Laissons les prix immobiliers s'effondrer
Samedi 27 Février 2010Infos générales
Sur le net, au gré des pages, on trouve parfois des lectures détonantes parce qu'à l'opposé des discours ambiants.
Par exemple, cet article d'Emmanuel Thibault, paru dans les Echos qui suggère une baisse généralisée prix de l'immobilier pour lutter contre les discriminations sociales. Emmanuel Thibault est Professeur d'économie à l'Université de Perpignan.
Dans cet article, on y apprend que c'est en 1850 que le député Martin Nadaud, ancien ouvrier maçon, lance son célèbre « Quand le bâtiment va, tout va ».
En 2008, au plus fort de la crise semble avoir bien résisté : baisse de 3,4 % des prix pour les appartements et de 4,9 % pour les maisons.
En 2009, ces prix enregistrent même des variations relativement modérées - hausse de 1,32 % du prix des appartements et baisse de 2,46 % pour les maisons ce qui laisse à penser que leurs hausses devraient se poursuivre dans les mois à venir.
Mais puisque le bâtiment va, peut-on dire pour autant que tout va ?
A l'évidence non. Le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre révèle que dans notre pays 10 millions de personnes sont touchées par une crise du logement. La situation devient difficile pour de nombreuses familles impacte lourdement le quotidien et l'avenir des plus petits en provoquant des souffrances sociales (difficultés scolaires, difficultés d'insertion…) ou des pathologies médicales parfois irréver-sibles (saturnisme, problèmes de développement…) ».
Alors que faire ?
Là où l'article détonne, c'est lorsqu'il propose de rompre avec les politiques publiques qui depuis plus de quarante ans, opte pour des aides au logement ciblé.
La thèse de l'auteur est de dire que ces aides n'avantagent en rien les locataires. Ce type d'aide ne serait qu'une subvention déguisée faite aux propriétaires qui conduit à une hausse des prix.... sans agrandir le parc locatif.
Pour l'auteur, la fin de ces aides permettra dans un premier temps aux prix de l'immobilier, artificiellement gonflés par les politiques publiques de logement, de s'effondrer d'au moins 30 %. Seuls seront touchés les spéculateurs. En effet le simple propriétaire de sa résidence principale ne sera par affecté : s'il vend son bien moins cher, il en rachètera un lui aussi moins cher.
Dans un second temps, Emmanuel Thibault invite l'Etat a se substituer aux aides à la personne des aides « à la pierre » exclusivement réservées aux primo-accédants. Dans ce cas, non seulement les prix de l'immobilier seront redevenus raisonnables et bénéficieront en premier lieu au primo-accédant.
A tout le moins l'enjeu est considérable puisque le logement constitue aujourd'hui une source de discrimination et d'exclusion.
L'article ne dit pas cependant dans ce cas de figure ce que deviendraient les prêts engagés par les propriétaires qui n'ont pas spéculé, mais qui ont investi pour se loger. Dans ce jeu de re-configuration, les gagnants seraient me semble-t-il encore une fois les banquiers qui n'ont pas manqué de faveurs durant la période de crise.
Source : http://www.lesechos.fr/info/analyses/020354131479-laissons-les-prix-immobiliers-s-effondrer.htm
Dans cet article, on y apprend que c'est en 1850 que le député Martin Nadaud, ancien ouvrier maçon, lance son célèbre « Quand le bâtiment va, tout va ».
En 2008, au plus fort de la crise semble avoir bien résisté : baisse de 3,4 % des prix pour les appartements et de 4,9 % pour les maisons.
En 2009, ces prix enregistrent même des variations relativement modérées - hausse de 1,32 % du prix des appartements et baisse de 2,46 % pour les maisons ce qui laisse à penser que leurs hausses devraient se poursuivre dans les mois à venir.
Mais puisque le bâtiment va, peut-on dire pour autant que tout va ?
A l'évidence non. Le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre révèle que dans notre pays 10 millions de personnes sont touchées par une crise du logement. La situation devient difficile pour de nombreuses familles impacte lourdement le quotidien et l'avenir des plus petits en provoquant des souffrances sociales (difficultés scolaires, difficultés d'insertion…) ou des pathologies médicales parfois irréver-sibles (saturnisme, problèmes de développement…) ».
Alors que faire ?
Là où l'article détonne, c'est lorsqu'il propose de rompre avec les politiques publiques qui depuis plus de quarante ans, opte pour des aides au logement ciblé.
La thèse de l'auteur est de dire que ces aides n'avantagent en rien les locataires. Ce type d'aide ne serait qu'une subvention déguisée faite aux propriétaires qui conduit à une hausse des prix.... sans agrandir le parc locatif.
Pour l'auteur, la fin de ces aides permettra dans un premier temps aux prix de l'immobilier, artificiellement gonflés par les politiques publiques de logement, de s'effondrer d'au moins 30 %. Seuls seront touchés les spéculateurs. En effet le simple propriétaire de sa résidence principale ne sera par affecté : s'il vend son bien moins cher, il en rachètera un lui aussi moins cher.
Dans un second temps, Emmanuel Thibault invite l'Etat a se substituer aux aides à la personne des aides « à la pierre » exclusivement réservées aux primo-accédants. Dans ce cas, non seulement les prix de l'immobilier seront redevenus raisonnables et bénéficieront en premier lieu au primo-accédant.
A tout le moins l'enjeu est considérable puisque le logement constitue aujourd'hui une source de discrimination et d'exclusion.
L'article ne dit pas cependant dans ce cas de figure ce que deviendraient les prêts engagés par les propriétaires qui n'ont pas spéculé, mais qui ont investi pour se loger. Dans ce jeu de re-configuration, les gagnants seraient me semble-t-il encore une fois les banquiers qui n'ont pas manqué de faveurs durant la période de crise.
Source : http://www.lesechos.fr/info/analyses/020354131479-laissons-les-prix-immobiliers-s-effondrer.htm
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Téléchargez le rapport complet du mal logement - Fondation Abbé Pierre
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