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Jour de grève pour les RASED

Entretien avec monsieur Aubert, 45 ans, maître spécialisé depuis 7 ans à Saint-Nazaire ouest.


Les RASED ou « réseaux d’aides » sont apparus en 1990, avec la Circulaire n° 90-082 du 9 avril 1990. Jusqu’à présent ces réseaux assuraient le soutien scolaire des élèves en difficulté. Ils sont les héritiers de l’approche psychopédagogique des difficultés scolaires qui s’est développée en France après la seconde guerre mondiale, dans la foulée de la Résistance. La récente réforme Darcos met en question leur existence au sein du système éducatif. Ce mardi 4 novembre 2008 à Nantes, à l’initiative des maîtres E et G (FNAME, FNAREN, SNUipp), ces réseaux étaient mobilisés devant la Préfecture de Loire-Atlantique, pour défendre leur spécificité.



Jour de grève pour les RASED
Pouvez-vous nous expliquer la raison de votre mobilisation ? La raison de notre présence ici est motivée par le fait que le Ministre Darcos, veut supprimer dès la rentrée prochaine 300O postes d’enseignants spécialisé travaillant dans les réseaux d’aides. Le Ministre dit qu’il ne veut pas supprimer les réseaux d’aides, mais dans le même temps il annonce aux inspecteurs d’Académie que ce n’est qu’une première étape, que 3000 seront supprimés à la rentrée, 3000 l’année suivante, et le reste complètement démantelé 2011. C’est clairement la disparition de l’aide spécialisée au sein des écoles, en prétextant par le passage aux 24 heures, que le soutien offert en dehors du temps scolaire par les enseignants des classes auprès des élèves en difficulté suffira. Il faut savoir que notre travail de maîtres spécialisés, est justement que nous sommes spécialisés. Nous sommes retournés en formation, on a passé des examens, on est diplômés, et on ne peut tenir notre place que dans la structure des réseaux d’aides. Il y a plusieurs fonctions : psychologues scolaires, éducateurs pour certains élèves en difficulté au niveau du comportement. Ce travail que nous faisons sur le temps scolaire, nous le faisons auprès des parents, auprès des élèves, auprès des collègues. Nous ne pourrons pas le faire, comme le prétend le Ministre, si nous retournons dans une classe. On ne peut pas avoir plusieurs casquettes. Si je retourne en classe l’an prochain, je serais maître de classe, je ne serais plus maître spécialisé. Les enfants avec lesquels je travaille s’autorisent à être différents parce que je ne suis plus dans la classe. L’an prochain, je ne pourrais faire que de l’aide ordinaire, comme le font tous les maîtres et maitresses dans leur classe. Mais il est erroné de dire que l’aide pour les élèves en grande difficulté peut se faire de manière ordinaire dans la classe.

Jour de grève pour les RASED
Avez-vous été consulté pour la mise en place de la réforme ? Non. La réforme s’est faite de telle façon qu’un jour le Président de la république a décrété que le samedi matin serait libéré, que les enfants passeraient à 24 heures hebdomadaires, et après ça le Ministre nous a dit « débrouillez-vous ». Ressentez-vous le soutien des autres enseignants ? Globalement oui. Ils commencent à se rendre compte de la difficulté mettre en place le soutien et de la limite de l’aide qu’ils peuvent apporter en dehors du temps scolaire et sans aide spécialisée. Ils ne peuvent prendre en charge les grandes difficultés et qui ne seront plus en charge par les réseaux d’aide, si nous disparaissons. Et les collectivités, vous apportent-elles un soutien ? Le risque pour les collectivités n’est pas seulement la disparition de ces réseaux. Il y a une volonté de l’Etat d’organiser des coupes sombres dans l’Education Nationale. Il y a le cas EPEP (Etablissements Publics d’Enseignement Primaire) qui pourraient être « refilés » aux collectivités locales dans le cadre de la décentralisation. Certaines collectivités prennent conscience de cette volonté de se décharger de cette responsabilité par l’Education Nationale. On a le soutien des différentes collectivités, que ce soient des communes, le Département ou la Région. Et les parents ? On sent un soutien de fédérations de parents. La FCPE, même la PEEP qui est plutôt d’obédience libérale, défend nos réseaux d’aides.

Walter B
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